Photographie animalière éthique : ma vision, ma pratique et mes engagements
Photographe naturaliste engagé en Nouvelle-Aquitaine
Basé à Bordeaux Métropole, je pratique la photographie animalière sauvage principalement en Gironde et plus largement en Nouvelle-Aquitaine, territoires riches en biodiversité mais aussi particulièrement sensibles au dérangement humain.
Je ne me considère pas comme un simple photographe animalier, mais comme un observateur passionné de la nature, attaché à une pratique respectueuse de la faune sauvage et de ses habitats.
Mon travail s’inscrit dans une démarche naturaliste, locale et éthique, loin de la course à l’image spectaculaire. Je pratique d'ailleurs la photographie et ne fait pas de création visuelle.
Pour mieux comprendre la différence entre art photographique et art visuel, entre photo et image, je vous invite à lire cet article.
Une photographie animalière responsable, loin des dérives
La photographie animalière est aujourd’hui très populaire, notamment autour de Bordeaux, du Bassin d’Arcachon, des zones humides girondines et des espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine.
Cette popularité a malheureusement entraîné des dérives : appâtage excessif, dérangement des espèces, pratiques commerciales discutables et mise en scène de la faune.
Selon moi, photographier la nature implique une responsabilité morale, surtout dans des territoires déjà soumis à une forte pression humaine.
Une autre vision de la photographie animalière
La photographie animalière est aujourd’hui une passion largement démocratisée. Plus accessible, plus visible, mais aussi plus exposée aux dérives.
Je fais partie de celles et ceux qui aiment profondément observer la nature, mais je considère que photographier la faune sauvage implique une responsabilité.
Je ne me définis pas comme un photographe animalier au sens strict, mais plutôt comme un amoureux de la nature qui tente d’en immortaliser la beauté, avec humilité, patience et respect.
Mon objectif n’est ni la performance, ni la compétition, ni la recherche de reconnaissance sur les réseaux sociaux, mais la transmission, l’émerveillement et la sensibilisation à la préservation du vivant.
Pourquoi une charte de photographie animalière responsable ?
Avec l’essor des réseaux sociaux et la course aux images spectaculaires, certaines pratiques se sont banalisées au détriment du bien-être animal.
Mon intention n’est pas de dénoncer des personnes, mais d’expliquer clairement ma philosophie de terrain, afin que chacun sache comment je travaille et quelles sont les valeurs qui guident ma pratique de la photographie animalière sauvage.
Cette charte est un engagement personnel. Elle ne me rend ni meilleur, ni exemplaire, mais elle pose un cadre clair et assumé.
Ma charte éthique en photographie animalière
1. Pas de photographie en drink station avec affûts payants ou pas d'ailleurs
Si les points d’eau peuvent être utiles aux oiseaux, les drink stations commerciales avec affûts payants sont devenues un véritable business.
L’appâtage permanent, le nourrissage hors saison, l’attraction de juvéniles ou encore les risques sanitaires liés aux rassemblements artificiels posent de réels problèmes éthiques.
Lorsque des photos sont réalisées dans ces conditions, il me semble essentiel de le préciser, par honnêteté envers le public. Mais je vous invite à avoir une autre pratique que celle-ci.
2. Pas de photographie issue du nourrissage
Le nourrissage de rapaces ou de chouettes, d'écureuils ou autres d'ailleurs à des fins photographiques, sans en plus aucune transparence sur les conditions de prise de vue, va à l’encontre de ma vision de la photographie animalière et du respect des espèces mais aussi de vous.
3. Pas de repasse sonore
La repasse (diffusion de chants ou de cris) peut avoir une utilité scientifique encadrée.
Utilisée à des fins photographiques, notamment en période de reproduction, elle perturbe profondément les oiseaux et peut provoquer l’abandon d’un site.
Je refuse toute photo obtenue par ce type de dérangement. C'est des pratiques utilisés également par les chasseurs pour attirer les animaux à eux.
4. Pas de photographie en parc animalier ou en réserve fermée
Je n’ai aucun intérêt à partager des images d’animaux captifs ou semi-captifs. Il y a tant de pratique scandaleuse et caché derrières nombreuses images que ca soit en exposition, en concours ou juste par quête de LA photo.
La photographie animalière sauvage implique, selon moi, un contexte naturel libre, même si cela demande plus de patience et d’humilité. Et demande du respect. Et allez en groupe organisé sur des zones pour les photographier est selon moins un non sens.
5. Un développement minimale et honnête et pas de retouche
Je me limite volontairement à :
-
un recadrage raisonné
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une légère réduction du bruit si nécessaire
Pas de suppression d’éléments, pas de changement de ciel, pas de fonds artificiels.
La nature n’a pas besoin d’être embellie pour être belle. Notre regard lui et nos attentes ont besoins par contre de revenir à plus d'essentiel et à se satisfaire de plus de naturel.
6. Aucun partage de spots sensibles
La photographie animalière n’est pas une chasse aux trophées.
Je partage rarement mes lieux d’observation afin de préserver la tranquillité des espèces et éviter les dérangements involontaires. Ceux qui ont la chance de venir avec mon en stage photo sur mes petits coins, sont d'un sensibilisé à tout cela mais aussi sont emmenés sur des lieux qui ne risque quasi rien et qui ont été très longtemps observé afin de préserver toutes les espèces présentes et c'est coin en Gironde sont donc très rare.
Pour des lieux encore plus préserver et des espèces autre que celles que je peux vous proposer de voir, je vous renvoi vers mon ami Bastien Campistron qui par ces accès privilégiées et restreints par réglementation me donne toute confiance dans son approche.
De toute façon, les lieux que je vous partage sur le terrain sont surveillées quasi au quotidien donc tout débordement est vite régulée si besoin. En tout cas je compte sur tous pour préserver ces lieux.
7. Des sorties majoritairement solitaires
Même seul, on dérange déjà la nature.
À plusieurs, le bruit, les déplacements et l’agitation nuisent à l’observation et à la connexion avec le vivant.
La photographie animalière est pour moi un moment de calme, d’écoute et d’attention.
Difficile à partager, j'ai quand même à cœur de vous y sensibiliser et de vous transmettre tout cela.
8. Pas de quête de “coches”
Je ne cours pas après les espèces rares signalées sur les réseaux.
La majorité de mes images sont réalisées dans un rayon de 100 km autour de chez moi, dans des lieux que je connais depuis longtemps mais que j'ai avant tout appris à connaitre et à respecter par de nombreuses observation.
La proximité crée souvent plus de sens que l’exotisme. Et je suis contre les photos en safari, en zoo et même en parc ornithologique car je trouve que ca perd à la fois tout sens mais aussi toute éthique dans la très grande majorité des cas.
9. Aucun dérangement sur les sites sensibles
Zones de nidification, d’hivernage ou espaces protégés doivent rester des refuges.
Aucune photo ne justifie de déranger une espèce avec les risques d'abandon des petits ou des terriers ou nids.
C'est aujourd'hui pas simple de vraiment trouver le bon équilibre tellement les espèces sont majoritairement déjà dans notre région très sensible et en stress permanente par la chasse de ces animaux et le dérangement de leur habitat.
10. Respect absolu autour de mes nichoirs
Je n’ai jamais installé de nichoirs, et je limite en variant et alternant mes visites et les lieux.
La priorité reste la fidélité des espèces et leur tranquillité, pas la course à la photo.
Je comprends au vu de la difficulté d'obtenir une photo que la facilité et les moyens d'approches sont souvent privilégiés mais nous devrions tous essayons de ne pas tomber dans la facilité et l'indifférence.
11. Aucune utilisation de l’intelligence artificielle
Je revendique une photographie issue du terrain, de l’attente, de l’échec parfois, et de la sincérité afin de transmettre des valeurs à travers mes observation, et qui font partie intégrante de ma démarche naturaliste et de photographe quelque soit les thématiques abordées.
Je vous en parle d'ailleurs plus en détail sur cet article consacré à la différence entre photo, création et image et ia et des valeurs et approches différentes
Plus qu’une photo : une rencontre
Pour moi, le contexte, l’histoire et la rencontre importent plus que l’image finale.
Je partage parfois mes photos plusieurs semaines après leur réalisation, lorsque les espèces ont quitté les lieux.
Je ne pars jamais avec un objectif précis. J’observe, je marche, j’écoute.
Et souvent, le chemin est bien plus riche que la destination.
Une démarche imparfaite mais sincère
Je ne suis pas parfait. J’ai moi aussi fait des erreurs.
Mais j’ai appris, évolué, et choisi une voie plus respectueuse.
Pour vous sensibiliser je vous partage cette vidéo réalisée par le media BRUT, que je vous invite à diffuser aussi.
https://www.facebook.com/share/v/1785jaJKdH/
Si ce texte peut susciter une réflexion, un questionnement ou une remise en perspective, alors il aura rempli son rôle. Et je serai ravi de partager avec vous en retour.
N'hésitez pas à partager cet article autour de vous.
🌿 Merci pour votre lecture et votre confiance
Si vous partagez cette vision de la photographie animalière éthique et responsable, vous êtes au bon endroit.
🌿 Photographe de territoire (paysage et animalier) à Bordeaux – Gironde – Nouvelle-Aquitaine
📸 Aurélien Lavignac